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mardi 26 juin 2012

Le Matignon
Paris

Défilé
Tempo
Amusement
Tables serrées
Rencontres faciles
A cause de?
Service soigné
Je renverse de la moutarde
Comme d'habitude
Sauf que là on m'essuie les jambes
Avec une serviette chaude
Ceci me rappelle des souvenirs
Pas la moutarde
La serviette chaude...
Cocktails puis shorts puis longs
Sans fin
Et au loin 
Arrivent déjà
Ceux qui auraient pu être mes enfants
Avec la carte de Papa
Je fume en terrasse
Pour oublier que j'ai mal aux pieds
On n'y va pas en ballerines
Plutôt crever.

dimanche 1 avril 2012

Bar du Forum

Initiés
terrasse chauffée
qualité du ton
entre mille autres
c'est là que je veux être
pour siroter sans être dérangée
ça brûle
ça pique
mais en retenue
ça délie les langues
aussi bien en été qu'en hiver
plaisir intemporel
à deux ou à plus
à soi et entre soi
j'aime
la douceur de la discrétion
un luxe sans ostentation
oublier
combien
pour essayer
d'autres
mais après tout
c'est le white chocolate que je préfères
et toi le pornstar
avec des noms pareils
pourquoi changer?
les jeux sont faits je crois
et nous aussi
un peu
Bar du Ritz
Paris

Entre hiver et fin du jour
la lumière est tamisée
les gens sont beaux
forcément
quoique
a
à force
de couloirs
de cocktails
on ne sait plus trop
si c'est la lumière du soir
ou la griserie des fauteuils rouges
ou du désir de se refaire
un cocktail
car ils peuvent en inventer
ici tout est possible
on rêve de Paris autrement
si j'avais plus d'argent
et encore
je rêverais de cette personne en face
qui rêve de se faire plumer
par une plus jeune et une plus belle que moi
la nuit est douce
la profusion enchante
et surtout
fait oublier
fait oublier
ici pas d'actualité
pas de peine de coeur non plus
le doux ronron des tintements de verres
et d'allées et venues
pour des choses sans importance
qui le deviennent
à force...
Mademoiselle
j'ai bien aimé ce que vous m'avez fait
vous vous en rappelez?
Sinon j'aimerais bien essayer un irish coffe sans café et sans crème
Oui c'est ça merci.

vendredi 10 février 2012

Sixième poème

Bar du Grand Hôtel
Place du Palais-Royal, Paris

Le chocolat
N'est pas si onctueux
que la torpeur qui me prend
Ce soir d'hiver
Que la douceur
En ce lieu calfeutré
Dehors
La queue aux musées
Magasins
Bondés
Pas la peine
J'ai tout ce qu'il faut
Et plus
Affinités
Avec la jeunesse
Et mes années qui passent
Intemporel
Je trempe mon chocolat
Dans le thé
Et le sang dans mes veines
Se réchauffer
Ma petite cousine finit
Toujours ses gâteaux
Elle me réjouit
Et me réjouira
Toujours
Mon amie de toujours
Est là
Belle avec ses doutes
Ses aléas
Je suis comblée
D'être au chaud
Nous voudrions être télétransportées
En un lit sans fin
Celui de nos amours
Qui n'adviennent pas toujours
Encore que...
Qui sait?
Demain brillera peut-être
Le sacre du Printemps
Résonne en ce lieu
Les murs câlins
Les couples coquins
La vie à Paris
En hiver
Envie de réconfort
S'il vous plaît
Un café gourmand
Finalement

vendredi 20 janvier 2012

Cinquième poème

Bar du Bataclan


La foule
Presse le pas
des idoles d'hier
Dehors
Le vent
La pluie
Désirs d'alcool
D'ailleurs
De lendemains brillants
De sortie de l'hiver
Un coeur à réchauffer
Le constat
Paris est dur
Paris va vite
Peu de temps
Plus de temps
A perdre
Le bonheur
Dépend de nous
Bonne volonté
A rappeler parfois
Ne pleurons pas
Echo ans the bunnymen
Il y a 25 ans déjà
jouaient à Paris
Au grand Rex
Depuis
Tant d'eau sur la ville
Tant de verres descendus
Sur l'autel du lyrisme élégiaque
Qui nous prend tous parfois
Mademoiselle
Whisky sec s'il vous plaît

jeudi 12 janvier 2012

Quatrième poème


Le Fouquet’s
Paris

Ce petit enfant
Qui me sourit
Sur la photo
Depuis
Je la regarde
La photo est légèrement
Jaunie
Légèrement
L’air confiant et gai
L’avenir
Plein de promesses
Le pas assuré
De réjouissances faciles
Il fait soleil
Toujours
Limpide
Depuis
J’ai aimé
J’ai souffert aussi
J’ai appris
La peur
L’ennui
Ai fait quelques erreurs
Que je regrette aussi
Des remords
Des baisers brisés
Que le ressac
A emporté
Identité fragile
A renouveler sans cesse
Depuis
Je me suis perdue
Trouvée
Parfois
Pas encore
Des larmes
J’ai gagné
Le sens des responsabilités
A ce prix
J’ai perdu
D’autres
Chers
J’ai perdu
Mon insouciance
Suis-je la même
Que ce petit enfant
Qui me sourit
Sur la photo ?
Garçon
La même chose

mercredi 11 janvier 2012

Troisième poème


Golden Bar
Hôtel Concorde Saint-Lazare


Tentation
Impulsive
Puisque nous y sommes
Nous y voilà
Et qu’il y a le choix
Couples à perte de vue
Rendez vous à la pelle
Pas d’âge dicible
Comme à la maison
Le service en plus
Juste sans mon chat
Souple et tendre
Et alors pourquoi attendre 18 heures
Tandis que défilent sur la carte
Ce qu’il est décent de descendre
A l’heure dite
Mon choix se porte
Sur une extase
Loin d’être déçue
Loin
Au loin les silhouettes
Se floutent
Esfumato
Encore
Parce que nos langues
Se délient
Et que je me délite
En pensant à tout
Ce que je ne dis pas
Et à tout
Ce que tu sais
Ce que tu sens
En pensant à toi
Le nez dans les olives
L’hiver arrive
Et tu es toujours là
Il fait chaud
Dehors
Pourquoi peiner sous la pluie 
Pardon
J’ai oublié de te dire
Où sont les toilettes ?

Second poème


Brasserie le Zimmer
Paris
Place du Châtelet


En plein Paris
On ne saurait faire mieux
A mi-chemin entre
Entre deux
Ni trop bohème
Ni trop sale
Parfait lieu
Et même de là
Alors que le jour baisse
Sur un spectacle en face
L’estomac noué
Envie d’ailleurs
Le bruit de la place
Pense  à Marrakech
En moins
L’espace
Pas tant que Berlin non
En ce bar calfeutré
L’envie d’être à Londres
Ou a Bruxelles un jour de neige
Manger des chocolats
Boire du thé
Partout où l’on pourra se croiser
Mais pas là
Non pas là maintenant
Lassitude
Ennui
Trop de travail
Ou pas assez
Qu’importe
L’addition s’il vous plaît

mardi 10 janvier 2012

Premier poème d'un bar


Bar du Nemours
Palais-Royal
Paris


Lancinant silence
Rémanence subite
Passé solide et clair
Avenir noyé
L’absence
Engendre la peur
L’absence
Engendre la peur
Accroupie devant la glace
Absence
Encore
Appel
En absence
Le timbre de l’usure est rauque
Il entre sur la voie
Chemin solitaire
Ame perdue
Abandonnée
Wili au bord de l’abîme
Qui se blesse
De s’être envolée
Emballement compulsif
Qui résiste
Solitude molle du matin
Pas de raison
Pas de mots
Trivial et franc appel
Du lit
Fatiguée
Usure du temps tout seul
Pas d’avenir
Avec
Pas d’avenir
Avec
Merci
Sans sucre